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Le faucheur de marguerites

 

J’aurais pu comme tout le monde, appeler cette chronique : Effeuillons la marguerite, ou je t’aime un peu, beaucoup…, tout cela vole bas et commence à sérieusement à être dépassé.

Pourquoi Le faucheur de marguerite ? En l’honneur des pionniers de l’aviation, qui étaient surnommés ainsi parce qu’avec leurs vieux coucous, ils étaient plus souvent au ras des marguerites plutôt que dans les nuages !

Mais revenons sur terre, des marguerites, il y en a partout dans notre jardin au grand désespoir de mon épouse qui les trouve un peu envahissantes, mais que voulez-vous, je suis comme Idéfix qui ne supporte pas que l’on coupe un arbre moi je ne suis pas capable d’arracher un pied de marguerite. Alors pour me faire pardonner, j’en cueille un gros bouquet que dépose dans un vase au salon et j’en ajoute à la salade.

Quelles jolies fleurs, toutes les qualités rêvées pour un jardinier : gratuites ; jamais malades; rarement attaquées par les insectes; arrosées ou pas, elles poussent de la même façon; été torride ou pluvieux, elles sont aussi belles et en plus, elles se mangent !

 

La fleur globe-trotter

Originaire d’Eurasie, la marguerite, qui en réalité est une variété de chrysanthèmes, pousse à peu près dans toutes les régions tempérées du monde. Comme le plantain, ce sont les colons qui l’ont introduite en Amérique du Nord.

La marguerite sauvage Chrysanthemum.leucanthemum s’installe partout, elle est un modèle d’intégration dans le jardin, mine de rien elle se faufile entre les tiges d’une pivoine ou d’un lupin, elle est si discrète et si mignonne que même le plus puriste des jardiniers finit par succomber à son charme.

 

La première fleur de l’amour

Quelle maman peut regarder un bouquet de marguerite sans avoir un petit pincement au cœur ? La marguerite est l’une des premières fleurs, avec le bouton-d’or et le pissenlit qu’une maman reçoit pour la fête des Mères. Combien de maîtresses d’école ont reçu leur plus belle récompense, pour leur dévouement envers nos chères têtes blondes, avec ce joli bouquet de marguerites tendu par une petite fille aux yeux pétillants de malice.

Marguerite-aime-un-peuSymbole de l’amour juvénile, effeuiller la marguerite est souvent le premier acte d’amour de la jeunesse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et que de souvenirs de jeunesse sont liés aux champs de marguerites dans lesquels nous allions nous rouler dès les premiers jours de vacances d’été. Si vous ne l’avez jamais fait, je vous conseille de tenter l’expérience cette année, un vrai bain de jouvence qui ne coûte rien.

 

Une fleur envahissante

Les marguerites sont si colonisatrices, que les éleveurs sont obligés de surveiller les champs cultivés pour le fourrage des animaux, car les marguerites se reproduisent tellement vite qu’elles peuvent étouffer rapidement un champ complet, heureusement leurs racines sont peu profondes et un simple labour en élimine une bonne partie ; en plus elles ont la réputation de donner mauvais goût au lait.

 

Utilisation en cuisine

Les jeunes feuilles de marguerites parfument agréablement les salades, et les pétales sont très décoratifs, mais ce sont les boutons qui sont les plus appréciés dans la gastronomie. Conservés dans le vinaigre, ils remplacent agréablement les câpres.

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Boutons de marguerites au vinaigre

Il est important de les cueillir quand ils sont encore bien fermés, bien les rincer à l’eau claire et les blanchir 2 minutes dans de l’eau frémissante, les plonger dans de l’eau glacée, les égoutter et les laisser sécher sur une feuille de papier absorbant.

Dans un bocal à fermeture hermétique, intercaler les boutons de marguerite avec des petits oignons blancs, quelques gousses d’ail, une tige d’estragon et quelques grains de poivre noir. Couvrir de vinaigre d’alcool, fermer le bocal et le conserver au réfrigérateur. Au bout de 3 semaines, les boutons de marguerite sont prêts à être dégustés.

On peut également en trouver assez facilement dans les épiceries fines offert par plusieurs petites entreprises spécialisées dans commercialisation des plantes sauvages.

 

Petit truc

Il faut cueillir les fleurs et plantes sauvages justes après que la rosée du matin se soit évaporée et avant que le soleil ne soit trop chaud, pour qu’elles conservent leur fraîcheur et leur goût.
Il faut éviter de conserver les fleurs sauvages au réfrigérateur, car le froid les abîme, il vaut mieux les laisser dans un vase avec de l’eau lorsqu’elles sont sur tiges ; lorsqu’elles sont sans tiges, il est préférable de les enfermer dans une boîte hermétique avec un morceau de papier absorbant imbibé d’eau qui les empêchera de se dessécher trop vite.
Nous avons tous un petit coin du jardin ou un côté de la maison qui sert à stocker les barrières à neige ou des planches; tôt, au printemps pourquoi ne pas y transplanter les pieds de marguerites qui ont poussé spontanément dans les platebandes ; une façon économique et naturelle de camoufler les endroits moins esthétiques du jardin.

 

Allergies au pollen

Je vous le répéterai chaque semaine : si vous êtes allergique au pollen, abstenez-vous de consommer des fleurs comestibles.

 

Du côté de l’herboriste

La marguerite a la réputation d’avoir les mêmes propriétés que la camomille, digestive, antispasmodique et apaisante. On peut faire des tisanes avec les fleurs et la racine.

Les chrysanthèmes, dont fait partie notre marguerite sauvage, sont très utilisés dans la médecine populaire chinoise, entre autres, pour leurs propriétés antibiotiques.

 

Le livre

Les Marguerites et les Chrysanthèmes de C. Sala – 2000-  Éditions De Vecchi

 

 

 

Salade-marguerites

Cette semaine je vous propose une salade goûteuse et rafraîchissante que l’on peut servir avec une grillade ou seule en entrée. Il ne faut pas le dire, mais je l’ai empruntée à mon épouse, je l’ai simplement un peu adaptée pour la circonstance… Ce qui prouve – s’il le fallait encore – que derrière chaque grand chef, il y a une femme qui se cache !

 

Salade estivale aux boutons de marguerites

4 personnes
Ingrédients

  • 4 tranches de saumon fumé
  • 1 laitue rouge ou feuille de chêne
  • 1 petit fromage de chèvre frais
  • 1 oignon rouge
  • 12 olives noires dénoyautées
  • 24 boutons de marguerites au vinaigre
  • 60 ml (4. c. à soupe) d’huile d’olive
  • 30 ml (2 c. à soupe) de vinaigre balsamique ou de vin
  • Ciboulette hachée
  • Fleur de Sel ou gros sel de mer
  • Poivre du moulin au goût
  • Quelques fleurs de marguerites pour la décoration

Préparation
Laver et essorer la salade ; éplucher et trancher en rondelles l’oignon rouge ; couper en lanières le saumon fumé.

Dans des assiettes creuses, répartir les feuilles de laitue, ajouter le saumon, les rondelles d’oignon, le fromage de chèvre émietté et les olives. Finir par les boutons de marguerites, parsemer de ciboulette ciselée et réserver au frais.

Au moment de servir, arroser d’huile et de vinaigre, poivrer au moulin et parsemer de fleur de sel. Décorer avec quelques pétales de marguerite.

 

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