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Une serre dans sa cour: c’est possible et facile!

Contrairement à ce que plusieurs pensent, posséder une serre dans sa cour, c’est possible et ce n’est pas nécessairement dispendieux. Que ce soit pour faire vos semis ou encore prolonger la belle saison, la culture abritée offre une foule de possibilités au jardinier amateur.  La culture en serre permet aussi de réaliser des cultures qui ne seraient pas possibles sous les conditions climatiques du Québec et permet, en plus, de s’adonner au jardinage en toute saison.

 

Étapes préliminaires à ne pas négliger

Avant de vous lancer dans l’aventure de la culture abritée, prenez le temps d’effectuer une bonne réflexion sur vos besoins, car il est facile de s’emballer et de se retrouver avec un projet démesuré.

Afin d’assurer le succès de votre projet, il est essentiel de faire une bonne planification. Vous devrez déterminer l’espace disponible, le budget que vous allouez à l’activité et le temps que vous consacrerez au suivi de vos cultures. Il est aussi important de consulter votre municipalité afin de vérifier la réglementation en vigueur et de demander les permis nécessaires, s’il y a lieu.

 

Une question de dimension

Après avoir établi vos besoins présents et futurs, vous devrez déterminer la dimension de la serre. Cette dernière déterminera indirectement la quantité de plantes que vous désirez cultiver. Lors de la planification de la dimension de la serre, n’oubliez pas, non seulement de déterminer la dimension en termes de superficie au sol, mais aussi en terme de hauteur. De grosses plantes tropicales nécessitent une serre plus haute que des semis de fleurs annuelles.

 

Les matériaux

Il existe plusieurs formes de serres. Le choix de la forme déterminera bien plus que l’apparence de la serre. La forme choisie influencera le choix de la structure et le recouvrement de la serre. On retrouve plusieurs matériaux de recouvrement et de structure sur le marché. Le métal (aluminium, acier et acier galvanisé) et le bois sont les principaux matériaux utilisés pour la structure. Comme recouvrement, le choix est plus varié : on retrouve le verre, le polyéthylène, le polycarbonate, la fibre de verre et l’acrylique. On peut utiliser ces matériaux en simple ou double épaisseur. L’utilisation de deux épaisseurs ou plus de recouvrement permettra d’obtenir, un peu à l’image des fenêtres thermos d’une maison, un coefficient d’isolation qui facilitera le maintien d’une température plus élevée dans la serre. Le choix des fondations sera lui aussi influencé par le choix du recouvrement. Il est nécessaire de faire une fondation plus robuste pour une serre recouverte de verre que pour une serre recouverte de polyéthylène. Le moindre mouvement d’une fondation d’une serre de verre suffirait à l’endommager, contrairement à une serre recouverte par un film polyéthylène qui peut résister à de légers mouvements des fondations.

 

Qu’en est-il du climat intérieur?

Souvent négligé par les jardiniers amateurs, le contrôle du climat dans la serre est un facteur de réussite ou d’échec très important. Une serre nécessite au minimum un système de ventilation mécanique ou naturelle et un système de chauffage (gaz, huile, électricité, etc.) lorsque vous cultivez en saison froide. L’effet de serre, qui affecte depuis plusieurs années notre climat et qui réchauffe la température, n’est pas différent de ce qui se produit dans une serre domestique l’été. La température peut facilement s’élever à plus de 40 degrés Celsius à l’intérieur en été si l,on ne prend pas les précautions nécessaires (ventilation, toile ombrageante, etc.). Afin de contrôler les divers équipements tels que le système de chauffage ou de ventilation, il est possible d’utiliser  des systèmes de contrôle manuel ou automatique, comme un thermostat ou une minuterie.

 

Design d’intérieur pour jardinier

Pour terminer l’aménagement de votre serre, selon l’espace disponible, vous pouvez procéder à l’installation de support de culture, tel des tables, un espace de rangement ainsi que d’empotage. N’oubliez pas de prévoir une source d’approvisionnement en eau pour l’arrosage des plantes.

 

Combien ça coûte?

Il existe des serres domestiques pour tous les besoins et budgets. Il faut prévoir un budget de base d’environ 500$ pour une serre de qualité « standard » (Abris Harnois) et de petite dimension contre environ 2000$ pour un modèle haut de gamme d’une dimension équivalente (Cross Country Greenhouse). Le choix dépendra du résultat de votre réflexion lors de l’étape préliminaire.

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Les débuts de la culture abritée

La culture en serre ou sous abri a débuté bien avant notre ère. Déjà à l’époque des Égyptiens, on recense des écrits décrivant la culture sous abri. On retrouve dans les écrits de Platon, qui a vécu de 427 à 347 av. J.-C., des mentions de cultures protégées. Theophraste (372-287) a rapporté peu après que l’utilisation de fumier pouvait produire de la chaleur afin de maintenir les plantes à l’abri du froid et de favoriser leur murissement.

C’est Lucius Junius Moderatus Columella dit Columelle (4-70), un agronome romain, qui a décrit, dans un ouvrage collectif en douze volumes représentant chaque mois de l’année et intitule De re rustica, l’utilisation de mica pour la protection des plantes. Il a également parlé de l’apport de lumière à l’époque romaine. D’ailleurs, à cette époque, le jardinier de Tiberius Caesar cultivait des plants de cornichons dans des pots remplis de fumier. Il les disposait dans un chariot afin de pouvoir les rentrer à l’intérieur le soir et les recouvrait de feuilles transparentes afin de conserver la chaleur tout en laissant pénétrer la lumière.

Le premier concept d’orangerie a été élaboré vers la fin du 15e siècle. Au départ, il s’agissait de cultiver les agrumes dans de larges pots ou boites de bois que l’on rentrait dans les maisons ou les caves lors des périodes froides. C’est au début de l’époque de la Renaissance, soit au début du 16e siècle, que l’on a construit les premières vraies orangeries, ces édifices à fenêtres orientées vers le sud et chauffés à l’aide d’un foyer au charbon. À la même période, on a aussi commencé la construction de quelques serres afin de pouvoir conserver des plantes. C’est vers la fin du 17e siècle que l’écrivain John Evelyn a vraisemblablement invente le terme anglais greenhouse pour décrire une serre.

De nombreuses innovations ont marqué le 19e siècle, notamment dans les matériaux utilisés pour la structure. L’usage du bois s’est raréfié pour faire place au plomb et au cuivre, puis au fer. Plusieurs hypothèses ont alors été formulées pour tenter de définir la forme de toit qui favoriserait le plus la pénétration de la lumière dans une serre. Les architectes de l’époque ont laissé libre cours à leur imagination pour créer divers styles et formes de serres. Plusieurs teintes, formats et épaisseurs de verres ont aussi été testés. De plus, l’usage domestique de la petite serre, dite jardin d’hiver (conservatory,) est devenu courant chez certaines familles bien nanties d’Angleterre. Ces familles pouvaient profiter de divers fruits en dehors de la saison ou cultiver des plantes exotiques. D’ailleurs, plusieurs jardins botaniques d’Europe, particulièrement les Kew Gardens en banlieue de Londres, se sont efforces d’exposer des plantes exotiques rapportées par divers explorateurs. Une des plantes vedettes était la Victoria d’Amazonie (Victoria amazonica sowerby) que l’on appelle en anglais ≪ Giant Water Lily ≫.

Plus de 20 siècles après les premiers balbutiements de la culture abritée, l’intérêt pour ce type de construction est toujours le même. Que ce soit pour prolonger la saison de culture, pour produire toute l’année ou hors saison, la culture abritée est un excellent moyen pour fournir des végétaux de qualité en toute saison. Elle permet de s’offrir un jardin d’intérieur qui améliorera notre environnement. D’ailleurs certaines plantes vertes ont la capacité de dépolluer l’air, ce qui contribue à améliorer la qualité de notre milieu de vie et aide à maintenir une bonne sante.