Publié par Laisser un commentaire

Le faucheur de marguerites

 

J’aurais pu comme tout le monde, appeler cette chronique : Effeuillons la marguerite, ou je t’aime un peu, beaucoup…, tout cela vole bas et commence à sérieusement à être dépassé.

Pourquoi Le faucheur de marguerite ? En l’honneur des pionniers de l’aviation, qui étaient surnommés ainsi parce qu’avec leurs vieux coucous, ils étaient plus souvent au ras des marguerites plutôt que dans les nuages !

Mais revenons sur terre, des marguerites, il y en a partout dans notre jardin au grand désespoir de mon épouse qui les trouve un peu envahissantes, mais que voulez-vous, je suis comme Idéfix qui ne supporte pas que l’on coupe un arbre moi je ne suis pas capable d’arracher un pied de marguerite. Alors pour me faire pardonner, j’en cueille un gros bouquet que dépose dans un vase au salon et j’en ajoute à la salade.

Quelles jolies fleurs, toutes les qualités rêvées pour un jardinier : gratuites ; jamais malades; rarement attaquées par les insectes; arrosées ou pas, elles poussent de la même façon; été torride ou pluvieux, elles sont aussi belles et en plus, elles se mangent !

 

La fleur globe-trotter

Originaire d’Eurasie, la marguerite, qui en réalité est une variété de chrysanthèmes, pousse à peu près dans toutes les régions tempérées du monde. Comme le plantain, ce sont les colons qui l’ont introduite en Amérique du Nord.

La marguerite sauvage Chrysanthemum.leucanthemum s’installe partout, elle est un modèle d’intégration dans le jardin, mine de rien elle se faufile entre les tiges d’une pivoine ou d’un lupin, elle est si discrète et si mignonne que même le plus puriste des jardiniers finit par succomber à son charme.

 

La première fleur de l’amour

Quelle maman peut regarder un bouquet de marguerite sans avoir un petit pincement au cœur ? La marguerite est l’une des premières fleurs, avec le bouton-d’or et le pissenlit qu’une maman reçoit pour la fête des Mères. Combien de maîtresses d’école ont reçu leur plus belle récompense, pour leur dévouement envers nos chères têtes blondes, avec ce joli bouquet de marguerites tendu par une petite fille aux yeux pétillants de malice.

Marguerite-aime-un-peuSymbole de l’amour juvénile, effeuiller la marguerite est souvent le premier acte d’amour de la jeunesse.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et que de souvenirs de jeunesse sont liés aux champs de marguerites dans lesquels nous allions nous rouler dès les premiers jours de vacances d’été. Si vous ne l’avez jamais fait, je vous conseille de tenter l’expérience cette année, un vrai bain de jouvence qui ne coûte rien.

 

Une fleur envahissante

Les marguerites sont si colonisatrices, que les éleveurs sont obligés de surveiller les champs cultivés pour le fourrage des animaux, car les marguerites se reproduisent tellement vite qu’elles peuvent étouffer rapidement un champ complet, heureusement leurs racines sont peu profondes et un simple labour en élimine une bonne partie ; en plus elles ont la réputation de donner mauvais goût au lait.

 

Utilisation en cuisine

Les jeunes feuilles de marguerites parfument agréablement les salades, et les pétales sont très décoratifs, mais ce sont les boutons qui sont les plus appréciés dans la gastronomie. Conservés dans le vinaigre, ils remplacent agréablement les câpres.

boutons-marguerite-marine

Boutons de marguerites au vinaigre

Il est important de les cueillir quand ils sont encore bien fermés, bien les rincer à l’eau claire et les blanchir 2 minutes dans de l’eau frémissante, les plonger dans de l’eau glacée, les égoutter et les laisser sécher sur une feuille de papier absorbant.

Dans un bocal à fermeture hermétique, intercaler les boutons de marguerite avec des petits oignons blancs, quelques gousses d’ail, une tige d’estragon et quelques grains de poivre noir. Couvrir de vinaigre d’alcool, fermer le bocal et le conserver au réfrigérateur. Au bout de 3 semaines, les boutons de marguerite sont prêts à être dégustés.

On peut également en trouver assez facilement dans les épiceries fines offert par plusieurs petites entreprises spécialisées dans commercialisation des plantes sauvages.

 

Petit truc

Il faut cueillir les fleurs et plantes sauvages justes après que la rosée du matin se soit évaporée et avant que le soleil ne soit trop chaud, pour qu’elles conservent leur fraîcheur et leur goût.
Il faut éviter de conserver les fleurs sauvages au réfrigérateur, car le froid les abîme, il vaut mieux les laisser dans un vase avec de l’eau lorsqu’elles sont sur tiges ; lorsqu’elles sont sans tiges, il est préférable de les enfermer dans une boîte hermétique avec un morceau de papier absorbant imbibé d’eau qui les empêchera de se dessécher trop vite.
Nous avons tous un petit coin du jardin ou un côté de la maison qui sert à stocker les barrières à neige ou des planches; tôt, au printemps pourquoi ne pas y transplanter les pieds de marguerites qui ont poussé spontanément dans les platebandes ; une façon économique et naturelle de camoufler les endroits moins esthétiques du jardin.

 

Allergies au pollen

Je vous le répéterai chaque semaine : si vous êtes allergique au pollen, abstenez-vous de consommer des fleurs comestibles.

 

Du côté de l’herboriste

La marguerite a la réputation d’avoir les mêmes propriétés que la camomille, digestive, antispasmodique et apaisante. On peut faire des tisanes avec les fleurs et la racine.

Les chrysanthèmes, dont fait partie notre marguerite sauvage, sont très utilisés dans la médecine populaire chinoise, entre autres, pour leurs propriétés antibiotiques.

 

Le livre

Les Marguerites et les Chrysanthèmes de C. Sala – 2000-  Éditions De Vecchi

 

 

 

Salade-marguerites

Cette semaine je vous propose une salade goûteuse et rafraîchissante que l’on peut servir avec une grillade ou seule en entrée. Il ne faut pas le dire, mais je l’ai empruntée à mon épouse, je l’ai simplement un peu adaptée pour la circonstance… Ce qui prouve – s’il le fallait encore – que derrière chaque grand chef, il y a une femme qui se cache !

 

Salade estivale aux boutons de marguerites

4 personnes
Ingrédients

  • 4 tranches de saumon fumé
  • 1 laitue rouge ou feuille de chêne
  • 1 petit fromage de chèvre frais
  • 1 oignon rouge
  • 12 olives noires dénoyautées
  • 24 boutons de marguerites au vinaigre
  • 60 ml (4. c. à soupe) d’huile d’olive
  • 30 ml (2 c. à soupe) de vinaigre balsamique ou de vin
  • Ciboulette hachée
  • Fleur de Sel ou gros sel de mer
  • Poivre du moulin au goût
  • Quelques fleurs de marguerites pour la décoration

Préparation
Laver et essorer la salade ; éplucher et trancher en rondelles l’oignon rouge ; couper en lanières le saumon fumé.

Dans des assiettes creuses, répartir les feuilles de laitue, ajouter le saumon, les rondelles d’oignon, le fromage de chèvre émietté et les olives. Finir par les boutons de marguerites, parsemer de ciboulette ciselée et réserver au frais.

Au moment de servir, arroser d’huile et de vinaigre, poivrer au moulin et parsemer de fleur de sel. Décorer avec quelques pétales de marguerite.

 

Publié par Laisser un commentaire

Le mangeur de tulipe

tulipe2Si vous avez eu la bonne idée de planter des bulbes dans votre jardin à l’automne, vos plates-bandes doivent être resplendissantes en ce début de printemps. Si nos yeux clignotent devant tant de splendeurs et que nos narines palpitent de plaisirs olfactifs, pourquoi ne pas en profiter pour, en plus, exciter nos papilles en croquant quelques pétales de tulipe ou quelques fleurs de jacinthe ?

Qu’elles soient hâtives ou tardives, botaniques ou perroquet, à fleurs simples ou multiples, il y a environ 5000 cultivars de tulipes et d’innombrables coloris qui font de la tulipe la reine du printemps.

Les jacinthes sont moins diversifiées, mais elles sont si merveilleusement parfumées qu’elles n’ont pas besoin d’êtres nombreuses pour nous éblouir.

jacinthe

Conserver les bulbes printaniers.

À l’automne, vous avez respecté toutes les directives de plantation, vos tulipes et vos jacinthes sont magnifiques, mais comment faire pour qu’elles soient aussi belles l’année prochaine ? Il va falloir faire des efforts !

En dehors des variétés de tulipes qui se naturalisent, pour retrouver chaque année la même splendeur de nos variétés préférées, il va falloir appliquer quelques règles élémentaires, la première étant de couper au plus tôt la fleur fanée.

Après la floraison, le bulbe doit se refaire une santé en pompant l’énergie de ses feuilles, c’est pourquoi il faut les laisser jaunir avant de les couper, ensuite, retirer les oignons des tulipes, les laisser sécher à l’air libre et les conserver au sec jusqu’à l’automne au moment de les replanter. Il est plus prudent de les stocker dans la maison plutôt que dans le cabanon ou nos amis les écureuils risquent de faire bombance !

Pour m’épargner tous ces tracas, j’avoue que je laisse mes tulipes en place jusqu’à ce qu’elles dégénèrent puis j’en replante d’autres. De plus en plus, je privilégie les variétés qui se naturalisent même si elles sont souvent moins spectaculaires.

Si les feuilles jaunissantes des tulipes de votre plate bande vous dépriment, il suffit de les déterrer  et de les replanter en jauge, dans un coin discret du jardin jusqu’au moment de les récolter.

Pour les jacinthes c’est le même principe.

Les crocus, les narcisses et les muscaris, par contre, restent en terre où ils se multiplient chaque année.

Petit truc : à l’automne planter les tulipes et les jacinthes dans des pots de plastique ajouré, elles seront plus faciles à déterrer et mettre en jauge au fond du jardin.

 

Il y a fleur et fleur.

Même si les pétales de tulipe et les fleurs de jacinthe sont comestibles, ne vous précipitez pas chez votre fleuriste préféré pour faire votre épicerie, les siennes ne le sont pas, car elles sont traitées avec des produits chimiques qui, eux, sont néfastes pour la santé.

Pour se ravitailler, il existe des maisons spécialisées dans la culture des fleurs comestibles dont on trouve les produits sur les marchés ou dans le rayon des fruits et légumes des magasins d’alimentation.  L’autre solution est de les cultiver soi-même, évidemment, sans utiliser de produits toxiques ; il ne faut pas non plus les cultiver près de la rue, car elles peuvent être polluées par les gaz d’échappement des voitures.

 

Jonquille et crocus

Attention, toutes les fleurs à bulbes ne sont pas forcément comestibles, le narcisse jonquilla par exemple ; sa fleur parfumée est réputée comestible, mais comme on peut la confondre avec les autres narcisses qui, eux, sont tous toxiques, dans le doute, mieux vaut laisser cette charmante fleur dans la plate-bande. Par contre, pour ce qui est du crocus, autre bulbe printanier très populaire, pas de risque de se tromper : toutes les variétés sont toxiques.

crocus

Crocus d’automne

Tous les crocus sont toxiques, sauf les pistils séchés d’un crocus d’automne, le crocus sativus, plus connu sous le nom de safran. Merveilleuse et très chère épice sans qui la soupe de poisson et la paëlla ne seraient pas ce qu’elles sont. Mais attention même le safran peut être toxique, car il contient un poison capable de détruire les reins, et même être fatal à fortes doses (plus de 10 g).

 

Consommer avec modération

Comme pour les champignons et les plantes sauvages, lorsqu’on les consomme pour la première fois, il faut toujours le faire de façon raisonnable, notre organisme à besoin de découvrir et d’appréhender cette nourriture nouvelle.

Ne commencez pas à grignoter toutes les tulipes de votre jardin, juste une ou deux pour commencer.

 

Allergies au pollen.

Si vous êtes allergique au pollen un seul conseil : abstenez-vous de consommer  des fleurs comestibles.

tulipe3

Les parties comestibles.

Toutes les variétés de tulipes sont réputées comestibles ; autrefois, certains en consommaient même les bulbes qui ne sont pourtant pas très digestes, surtout pour les personnes de santé fragile.
Pour éviter d’ingurgiter le pollen des tulipes, il faut en retirer le pistil et l’étamine et bien les rincer à l’eau fraîche. Il est préférable également d’ôter la partie verte à la base du pétale qui est amère.
Des jacinthes, on ne consomme que les petites clochettes, qu’il est plus prudent de faire tremper une heure ou deux dans une eau légèrement vinaigrée pour en chasser les éventuels insectes qui seraient cachés à l’intérieur.

tulipe1

 

Plus de patates !

Ce sont les bulbes de tulipe qui ont permis aux Hollandais de compenser le manque cruel de pommes de terre lors la guerre de 1939-45. À l’époque, on était affamé, mais plus résistant !

 

Comment les cuisiner

On peut simplement les intégrer dans une salade ou dans un plat de légumes qu’elles rehaussent de leurs couleurs printanières.

Avec les clochettes des jacinthes, on peut faire des confits comme avec les oignons, qui accompagnent si bien les pâtés ou les terrines ; macérées à froid dans le lait qui servira à faire une crème anglaise, bien malin qui découvrira l’origine de ce parfum délicat.

On peut préparer de surprenant amuse-gueule avec les pétales de tulipe et en faire des confitures avec certaines variétés parfumées comme l’Ad Rem, la Christmas Marvel ou encore la Golden Mélody.

 

Mon livre de chevet sur les bulbes

Des bulbes en toutes saisons de Pierre Gingras – Éditions de L’Homme – mars 2000.

 

Du 12 au 23 mai 2016 aura lieu le festival de la tulipe à Ottawa comme tous les ans. À ne pas manquer

 

Les tulipes et les jacinthes, par leurs couleurs éclatantes et leurs parfums presque exotiques, m’ont invité au voyage et le Japon et ses luxuriants jardins m’a semblé la destination gourmande idéale pour ces deux reines du printemps.

 

Jardin japonais

Entrée pour 4 personnes

petoncle-tulipe

Ingrédients

  • 8 fleurs de tulipes de différentes couleurs
  • 1 fleur de jacinthe
  • 150 g (1/2 tasse) de mini pétoncles
  • 8 noix de pétoncles
  • 24 moules fraîches
  • 1 lime
  • 45 ml (3 c. à soupe) de Soho (liqueur de lychees)
  • 8 lychees frais ou en conserve
  • Huile de canola ou d’arachides
  • Fleur de sel et poivre du moulin au goût

 

Préparation
Détacher les clochettes de la jacinthe, les rincer soigneusement et les faire tremper une heure environ dans de l’eau froide additionnée de 3 ou 4  cuillerées de  vinaigre blanc, les rincer à nouveau et les égoutter.

Couper les tiges de 4 tulipes, enlever les pistils et les étamines, bien rincer les fleurs et les réserver sur une feuille de papier absorbant.

Ôter délicatement les pétales des 4 autres tulipes, couper la partie verte qui se trouve dans le bas des pétales, les rincer à l’eau froide et les réserver sur une feuille de papier absorbant.

Faire ouvrir les moules à feu vif et à couvert dans une petite casserole et les décoquiller. Filtrer et réserver le jus.
Rincer et éponger les noix de pétoncles et les mini pétoncles.

Dans une poêle faire chauffer deux cuillerées à soupe d’huile et y faire revenir rapidement les noix pétoncles environ deux minutes de chaque côté, une fois bien dorés, ajouter les lychees et les faire légèrement caraméliser. Poivrer, saler à la fleur de sel et réserver le tout au chaud dans un petit plat.

Dans la même poêle, ajouter 2 cuillerées d’huile faire dorer les mini pétoncles, ajouter les moules et les fleurs de jacinthe et faire revenir le tout 1 minute, flamber avec le Soho, ajouter le jus des moules, et rectifier l’assaisonnement.

Préparer les assiettes : agencer une fleur entière et des pétales de tulipe sur chaque assiette.

Répartir le mélange de moules, déposer les noix de pétoncles et les lychees, parsemer de fleur fraîche de jacinthe, ajouter une rondelle de lime et servir aussitôt..

 

Avec cette entrée, un verre de saké bien frais sera très agréable.

 

petoncle-tulipe

Les petits trucs en plus

Utiliser des tulipes et des jacinthes de différentes couleurs, pourquoi pas, assorties au décor de la table ou aux motifs de la vaisselle.

Les pétales de tulipes, les noix de pétoncles et les lychees peuvent facilement se transformer en amuse-gueule pour l’apéritif, il suffit d’y planter un pique en bois.

Publié par Laisser un commentaire

De l’or dans le gazon

Quand j’étais enfant, sa jolie fleur jaune d’or nous servait de détecteur de mensonges : en la passant doucement sous le cou du suspect, si un reflet jaune apparaissait sur sa peau, le menteur était débusqué .

Quant aux jeunes filles, elles s’époumonaient à souffler sur ses pompons blancs – qui apparaissent à la fin de la floraison – pour savoir combien d’années elles devraient encore attendre le prince charmant : autant de fois qu’elles devaient souffler pour en disperser le duvet, autant d’années à patienter.

Quelle est donc cette fleur merveilleuse dont les enfants raffolaient autrefois ? Le vilain pissenlit, celui qui hante les nuits du jardinier pointilleux, prêt à tout pour l’effacer de son « green » !

Identités multiples

Le pauvre pissenlit se cache sous de multiples noms, sans doute pour échapper à ses persécuteurs : chopine, cochet, tête-de-moineau, couronne-de-moine, pichaulit, laitue-de-chien, dent-de-lion, florion d’or, or-du-pré, fleuron d’or ou roi de la prairie, ouf ! Et je suis sûr que vous en connaissez beaucoup d’autres.

Ici on le déteste et là on le fête !

Sculpture_pissenlit

Tous les deux ans depuis 1986, le premier dimanche du mois de mai avait lieu la fête des pissenlits de Xertigny, une petite commune située au sud d’Épinal, dans les Vosges en France.

Parade_pissenlit

Des chars habillés de milliers de fleurs de pissenlits (environ 250 000, cueillies par des bénévoles), des musiciens, des jongleurs, des cracheurs de feu, des majorettes et des groupes folkloriques se retrouvaient pour un joyeux défilé en l’honneur du pissenlit . J’allais oublier – quelle faute de goût – la reine des pissenlits et ses deux dauphines.

Reine_pissenlit

La confrérie des pissenlits

Des confréries, j’en connais beaucoup : le vin, le fromage ou le cochon ; mais j’ignorais, jusqu’à la rédaction de cet article, qu’il existât une confrérie des pissenlits ; toujours à Xertigny, la ville où se déroule la fête du pissenlit.

Entre deux intronisations, ses membres sillonnent les routes pour promouvoir les produits à base de pissenlits : gelées et vins tirés d’anciennes recettes.

Chaque premier dimanche de mars sont intronisés les membres d’honneur de confréries amies, venus de toute la France, de Belgique ou de Suisse.

Ils sont tenus de prêter serment et « glorifier les produits du pissenlit, d’en déguster plusieurs fois l’an, avant d’aller gouster de leur mourant, la racine ! »

http://www.confreriedupissenlit.fr/site/

Par la racine

Plutôt que de les manger par la racine – belle façon imagée de vous annoncer votre enterrement prochain, car elles sont si longues qu’elles descendent jusqu’au cercueil pour nous offrir un festin dont on se passerait bien – mangeons plutôt le pissenlit de notre vivant. C’est un puissant diurétique, d’où son nom de pisse-en-lit ;  il est donc déconseillé de s’en goinfrer avant d’aller se coucher quand on a de petits problèmes d’incontinence …  C’est une source importante de vitamines et il est, paraît-il, souverain pour soulager le foie encombré, au point que les Russes l’utiliseraient dans la conception de certains médicaments.

Fini les herbicides

On se demande pourquoi il a fallu tant d’années pour, enfin, interdire ces assassins en herbe qui auraient fini par avoir notre peau plutôt que celle des pissenlits. Le jardinier amoureux de la nature que je suis, les fait plutôt passer du jardin au saladier depuis longtemps.

Comment les contrôler

Je n’utilise plus, depuis des années, d’herbicide dans mon jardin. Pour garder le contrôle de la pousse, il est vrai légèrement envahissante du pissenlit, voici ce que j’ai fait pour y parvenir : premièrement, j’ai diminué de 70% la surface engazonnée de mon jardin ; deuxièmement, dès qu’ils sortent le bout de leur nez, hop, à la casserole.

Ensuite, tout le reste de la saison, je les arrache régulièrement avant qu’ils ne fleurissent (les racines sont profondes) et je les envoie au compost, mais attention, jamais de pompons de graines dans le composteur sinon il y en aurait vite dans tout le jardin.  L’autre point important, c’est arriver à décider les voisins directs de faire la même chose sinon le vent viendra saboter tous vos efforts.

Où et comment les récolter

DCF 1.0

Bien avant la première tonte du gazon et dès que le soleil printanier réchauffe nos membres engourdis par cinq ou six mois d’hiver, c’est le moment d’aller à la « chasse » au pissenlit, prédateur dans le gazon, mais bienfaiteur dans notre assiette. Environ deux semaines, pas plus, c’est le temps que nous avons pour en profiter. Dès que le bouton de fleur apparaît, il devient amer et coriace ; mais à ce moment d’autres utilisations sont possibles, car les boutons floraux parfument délicieusement les marinades et des fleurs, on tire un excellent vin.

Pour les cueillir, c’est simple : choisir les sujets les plus jeunes et les plus petits, enfoncer légèrement la lame d’un couteau dans la terre près de la base du pissenlit et tourner autour comme pour enlever le cœur d’une pomme.

Les trucs à retenir

Feuilles_pissenlit

En salades ou cuits comme les épinards, il faut les consommer frais, car la congélation ne leur réussit pas très bien. Plus ils sont jeunes, moins ils sont coriaces ; ce qui n’est pas forcément le cas de nos chères têtes blondes…Hum, c’est pour rire les enfants.

Allez hop ! Tout le monde à la campagne.

Il en pousse partout, ils sont facilement accessibles en toute sécurité et il fait un temps superbe alors pourquoi ne pas en profiter pour organiser une « chasse » aux pissenlits en famille, l’équipement est simple : quelques couteaux à bouts arrondis pour ne pas se blesser et un grand panier en osier.

Au printemps, comme vous les enfants ont besoin de prendre l’air, une occasion de leur faire découvrir les joies de la nature tout en leur apprenant à la respecter….mieux que nous ne l’avons fait.

À ce propos, comme tout ce que l’on cueille dans la nature, il faut proscrire les lieux pollués comme les bords d’autoroutes et les zones industrielles.
Salade_pissenlit

Salade de pissenlits

4 personnes

Ingrédients

  • 450g (1 livre) de petits pissenlits
  • 4 oeufs
  • 8 tranches de bacon maigre
  • 100 g (½ tasse) de fromage de type bleu, Roquefort ou un fromage de chez nous :  le Rassembleu  (Les Fromagiers de la table Ronde dans les Laurentides).
  • 30 ml (2 c. à soupe) de moutarde forte
  • 60 ml (4 c. à soupe) de vinaigre de vin
  • 90 ml (6 c. à soupe) d’huile d’olive
  • Sel et poivre au goût

Préparation

Enlever les petites racines et la terre des pissenlits, les laver soigneusement et les faire tremper cinq minutes dans de l’eau froide additionnée de 3 ou 4  cuillerées de vinaigre blanc. Rincer, égoutter et essorer les pissenlits dans un linge.
Dans un saladier, préparer la vinaigrette avec la moutarde, l’huile et le vinaigre. Saler et poivrer au goût.

Cuire les œufs mollets (8 à 9 minutes) dans de l’eau chaude et les éplucher.
Couper les tranches de bacon en larges morceaux et les faire bien dorer dans une poêle antiadhésive.

Déposer les pissenlits dans le saladier, ajouter le bacon chaud avec sa graisse.

Parsemer de fromage émietté et mélanger délicatement.

Servir la salade dans chaque assiette et y déposer un œuf mollet encore tiède ouvert en deux.

Accompagnée de quelques pommes de terre nouvelles cuites en robe des champs, voilà une succulente salade repas vite préparée.

Les vins les plus agréables pour accompagner cette salade : les vins rosés

Le petit truc en plus

Il y a toujours quelques pissenlits qui fleurissent avant les autres, quand ils poussent dans un coin abrité et bien exposé au soleil, profitez-en pour prélever quelques fleurs bien fraîches qui serviront à décorer votre salade. Les fleurs sont tout à fait comestibles et délicieuses.

Des pissenlits à l’apéro ?

Il est possible de fabriquer un excellent vin apéritif avec des fleurs de pissenlits, mais le processus de fermentation est un peu long ; comme je suis parfois un adepte des raccourcis, voici une recette simple et rapide qui n’en est pas moins agréable à déguster.

Dans un bocal, verser 100 gr (11/2 tasse) de fleurs de pissenlits – bien lavées et épongées – ajouter 1 litre de vin blanc doux et 60 ml (4 c. à soupe) d’alcool de fruits, bien remuer et laisser macérer à l’abri de la lumière dans une pièce tempérée. Après un mois, filtrer, mettre en bouteille et garder au frais.

Publié par Laisser un commentaire

Fines herbes et fleurs comestibles pour les jardiniers gourmands

Dans la collection Secrets de jardinier de Bertrand Dumont éditeur, découvrez le livre Fines herbes et fleurs comestibles pour les jardiniers gourmands par Hélène Baril. Vous découvrirez une multitude de fines herbes et de fleurs comestibles que vous pourrez cultiver pour votre plaisir gastronomique. L’auteure présente pour chaque plante, ses caractéristiques, les méthodes de culture et d’entretien, les techniques de multiplication, de récolte et de conservation ainsi que quelques indications pour l’usage en cuisine. Elle propose aussi quelques recettes. Cet ouvrage est aussi illustré abondamment de superbes photographies.

Hélène Baril, (2008) Fines herbes et fleurs comestibles pour les jardiniers gourmands. Bertrand Dumont Éditeur, 192 p.